Disponibilité de l'eau potable en milieu urbain : Défis et perspectives

Bonsoir chers internautes ! Je suis Camille Dansou, Directeur général de la Société nationale des Eaux du Bénin (SONEB).

Le thème de cette 12e session de #ASKGOUVBénin est « EAU POTABLE EN MILIEU URBAIN, LA DISPONIBILITE, LES DEFIS ET LES PERSPECTIVES ».

Quel est le taux de couverture nationale actuel et quel sera celui de 2021 ?

En matière de traitement d'eau monsieur le DG, quels sont les produits chimiques utilisés et quelles sont les échantillons utilisés pour une quantité d'eau à traiter ?

Des populations utilisant l'eau de la SONEB se retrouvent parfois souffrant de la fièvre typhoïde. Pensez-vous que ceci est lié à une qualité d'eau un peu souillée ? Merci et du courage à vous !

La SONEB a pour mission de produire et de distribuer l’eau potable en milieu urbain c’est-à-dire dans les 77 villes chez nous au Bénin. L’auteur de la question doit constater les nombreux chantiers ouverts un peu partout par l’Etat dans le but d’améliorer les prestations de la SONEB. A la date d’aujourd’hui, la SONEB est présente dans 69 communes sur les 77 que compte le Bénin. En 2016, dès sa prise de fonction le Président Patrice TALON a pris l’engagement d’amener le Bénin à un accès universel avant la fin de son mandat en 2021. Si bien qu’aussitôt, nous nous sommes mis au travail suivant une planification bien définie. 55% au début de son mandat, nous visons 100%. Ce qui fera bénéficier 3 millions de personnes. A la fin de l’année dernière, nous sommes à un taux de 58%. Pour atteindre ce taux, beaucoup de travaux sont faits et d’autres en cours comme vous pouvez le constater sur le terrain, notamment dans les grandes villes comme Abomey-Calavi, Abomey, Bohicon, Parakou. A Parakou, les travaux sont achevés et mis en service. Abomey-Calavi, Bohicon et Abomey sont en cours de finalisation. Je dois rappeler que ces projets doivent être accompagnés par une seconde phase en cours de montage et dont le démarrage aura lieu l’an prochain. Cela démontre les efforts que déploie le gouvernement pour pouvoir atteindre ses objectifs. De 2016 à ce jour, le niveau d’investissement a été multiplié par 5, ce qui montre l’engagement de ce régime à atteindre l’accès universel à l’eau potable en milieu urbain. La SONEB appuie ces efforts en planifiant de plus en plus son budget sur des investissements sur fonds propres.

Il faut dire que le niveau de financement global pour atteindre cet objectif est estimé à 39% avec une acquisition qui attend la finition des tâches administratives. 

Nous utilisons à la SONEB pour le traitement des eaux, 4 produits selon la source d’eau que nous utilisons. Il s’agit de l’hypochlorite de calcium pour désinfecter, le sulfate d’alumine pour rendre d’eau claire, la chaux éteinte et la neutralyte qui sont utilisées pour diminuer l’agressivité et de l’eau et la minéraliser. L’échantillonnage qui est fait couvre l’ensemble de nos réseaux. Pour la qualité, je peux vous rassurer que l’eau de la SONEB ne peut rendre les gens malades. De plus la SONEB dispose des laboratoires aux normes de l’OMS pour des contrôles réguliers de l’eau qui va dans les ménages. A tout cela, il faut ajouter les contrôles inopinés du laboratoire national du ministère de la Santé sans oublier le partenariat avec la société belge « La Wallonie des Eaux ». Mais il faut remarquer que l’eau peut être potable à l’origine et devenir impropre selon les conditions d’hygiène de stockage dans les ménages. Dans ce cas, seule la sensibilisation sur les bons comportements peut nous permettre d’éviter de souiller les eaux fournies par la SONEB.

A Cana DODOMEY, arrondissement de ZOGBODOMEY, cela fait plus de 16 mois que la SONEB a cessé d'alimenter nos robinets, malgré toutes nos démarches auprès de vos structures et celles de votre ministère. Et dans ces conditions la SONEB ne se prive nullement de distribuer les factures d'entretien. Les abonnés qui se retiennent de payer leur facture d'entretien se sont vus dépossédés de leur compteur pour défaut de paiement. La SONEB ayant manqué à son obligation contractuelle de nous fournir de l'eau, est-elle fondée dans ces conditions à exiger le paiement de frais d'entretien ?

Pourquoi la SONEB nous inflige-t-elle pareille situation en nous condamnant à recourir aux sources traditionnelles d'approvisionnement en eau, à savoir, les marigots, les retenues d'eau dénommées citernes, etc. ? Quel est le plan de la SONEB pour rétablir la situation ?

Je voudrais rassurer les uns et les autres que cette situation est réelle à Zogbodomey dans la localité de Cana Dodomey. Mais cela est dû aux travaux de route en cours d’exécution dans cette localité. Le déplacement du réseau pour permettre l’extension de la route a connu un peu de retard. Actuellement c’est fait. Seulement il faut attendre les reports de branchements pour que la distribution de l’eau devienne normale, et nous y travaillons. En ce qui concerne les factures d’entretien compteur, des dispositions sont prises pour la suspension desdites factures.

Bonsoir monsieur le DG, Moi je suis à Parakou et le nouveau projet en cours n'a pas pris en compte ma zone pourtant ceinturée par le réseau. Doit-on encore attendre 5, 10 ou 15 ans avant d'espérer être des abonnés de la SONEB ?

L’attente ne sera pas longue car à Parakou le projet qui finit sera accompagné d’une seconde phase qui démarre l’année prochaine.

DG, La Commune de Bonou doit sortir de cette misère !

J'ai personnellement passé 7 jours dans Gboa, Atchonssa, Assrossa, Bonou centre entre autres, je n'ai pas pu tenir... C'est un désastre ! Et dire que c'est des êtres humains qui y vivent sans eau potable ?

M. Le DG, Quelles que soient les difficultés y afférentes, cette commune doit bénéficier d'adductions d'eau de façon urgente et sans délai ! Il y va de la survie de cette population. Merci, M. le Directeur.

Je suis d’avis avec vous. Mais les localités que vous avez citées relèvent du milieu rural et ne sont pas de la compétence de la SONEB. Cela ne veut pas dire que l’Etat n’est pas sensible à cette situation. D’ailleurs les localités Gboa, Atchonssa, Assrossa sont alimentées par des adductions d’eau villageoises qui sont malheureusement en panne. Quant à Bonou centre qui relève de la SONEB, cette situation est due à une casse des tuyaux. Mais des dispositions sont prises pour le rétablissement dans un bref délai, dès la décrue du fleuve Ouémé, de la distribution de l’eau potable.

Bonjour Monsieur le DG de la SONEB. Ma préoccupation est de savoir à quand l'effectivité de la réalisation des réseaux d'adduction d'eau potable à base des énergies renouvelables solaires dans nos localités ? Une réalité et un avantage en Afrique.

Je suis d’avis avec vous. Aujourd’hui la charge d’énergie utilisée par la SONEB envoisine 20% de notre budget car l’énergie est le principal intrant de notre prestation. Pour diminuer cette charge, nous sommes déjà dans les perspectives des énergies renouvelables. Actuellement nous avons 3 centres à titre expérimental qui sont à Matéri, Nikki et Ifangni.

L’accès à l'eau potable apparaît toujours sélectif et la population des quartiers les plus pauvres n'y a que difficilement accès. Ma question est de savoir, Quelle politique sociale de l'eau est actuellement mise en place au Benin face aux contraintes des populations défavorisées. Je vous remercie.

Il faut déjà lever cette équivoque : ni le gouvernement, ni la SONEB, ne font une politique sélective de distribution d’eau potable. Au contraire la politique en vigueur va à l’avantage des couches sociales les plus pauvres. Actuellement, les extensions se font dans ses localités peuplées sur financement du gouvernement et sur fonds propres de la SONEB. Cette année par exemple, l’extension a couvert un linéaire de 50 km dans les zones abritant les couches sociales démunies. L’autre volet social est le coût d’adduction d’eau qui reste très bas pour permettre un accès massif. Il est de 50.000 FCFA contre un coût normal de 105.000 FCFA. Sur les 50.000F, l’abonné peut payer 20.000F avant l’adduction d’eau dans sa maison et payer les 30.000F restants sur 10 mois. Il en est de même pour le prix du mètre cube qui est de 198F CFA pour la première tranche alors que le coût moyen de production d’un mètre cube d’eau est de 500F CFA.

Bonjour Monsieur le Directeur, comment faites-vous la tarification ? Pourquoi il y a-t-il autant d'écart entre le prix par mètre cube de la tranche une à la tranche deux ? Est-ce que la SONEB a pour vision de faire du bénéfice pour contribuer au budget de l'Etat ?

Je voudrais savoir pourquoi vous ne contrôlez pas l'eau sortie du robinet chez vos abonnés ? Est-ce que les robinets installés par la SONEB chez les abonnés ne font pas partie de votre réseau ?

Est-ce qu'il y a des risques de contamination liée aux matériels (en métal ou en caoutchouc) utilisés dans le réseau ?

Est-ce qu'il est déjà arrivé que vous interdisiez la consommation de l'eau à vos abonnés, dans une zone géographique, pour une période, à cause de la qualité de l'eau ou des risques décelés ?

Que risque la SONEB si un citoyen arrive à faire observer que la qualité de votre eau est mauvaise ? Ou que risque la SONEB si un citoyen tombe malade lorsqu'il serait avéré que c'est la qualité de votre eau qui l'aurait rendue malade ?

Que pensez-vous de la contamination de nos eaux en milieu urbain ? Par exemple à travers le déversement des fosses dans la nature, l'utilisation des produits chimiques dans l'agriculture.

La SONEB en tant qu’entreprise publique n’a pas pour vocation de faire du bénéfice pour l’Etat. L’obligation que nous avons est d’assurer nos charges de fonctionnement à travers nos activités d’exploitation des réseaux. Nos tranches restent sociales avec 198FCFA pour la première tranche de 1 à 5 mètres cube, la 2e tranche de 1 à 50 mètres cube est fixée à 453FCFA, et la 3e tranche pour une consommation de plus de 50 mètres cube fixée à 658FCFA. Il existe une tranche unique prévue pour les bornes fontaines et qui s’élève à 330FCFA le mètre cube. Cette différence de chiffre relève d’une étude spécifique pour l’équilibre des charges de production.

La SONEB a l’obligation de contrôler l’eau qui sort du robinet qui est juste après le compteur de ses abonnés. Le reste relève de la responsabilité de l’abonné. C’est ce qui explique les sensibilisations de la SONEB pour l’hygiène.

Il y a aucun risque de contamination au sujet des matériels utilisés par la SONEB.

Il n’est jamais arrivé à la SONEB d’interdire la consommation d’eau provenant d’une zone précise. Mais par contre, après des travaux pouvant amener des impuretés dans une certaine mesure, nous demandons aux abonnés de limiter la consommation le temps que la vidange soit effectuée. Mais pour une raison pour une autre, l’abonné qui doute toujours de la qualité des eaux de son robinet peut se rapprocher des services de la SONEB pour être rassuré.

Quelle solution envisage la SONEB pour un suivi informatisé du paiement des factures dans les zones reculées ?

Par quelle alchimie une société se retrouve avec des impayés de factures d'eau redevable par les consommateurs d'une année antérieure, l'exercice d'une année à la SONEB commence quand et fini quand ? C'est frustrant de voir des coupures effectuées sous de pareilles circonstances où après une entièrement écoulée, un semestre de la nouvelle année écoulé également, on effectue une coupure réclamant des factures de l'année dernière tout ça, à cause d'un système informatique défaillant qui ne prend en compte le retard dans le paiement ? Voulez-vous bien faire une lumière sur le sujet ?

A priori, du fait des localités de ses interventions, la SONEB n’a pas de localités reculées. Je peux vous rassurer que la SONEB travaille à finaliser une plate-forme électronique pour le paiement en ligne des factures et prestations tout ceci avec l’appui de l’ASSI.

Il ne s’agit pas d’une défaillance de notre système informatique mais votre préoccupation est importante. C’est un sujet que nous essayons d’améliorer pour éviter les impayés qui pèsent sur la société. En tant que citoyen, vous pourriez aussi venir vers nous pour réclamer vos factures. Des actions sont en cours pour le recouvrement de ces créances.

Comment allons-nous faire pour payer en tranche les frais de branchement sans que vos collaborateurs ne soient un problème pour nous ?

Dans la zone Tchonvi, arrondissement d'EKPE, commune de SEME PODJI, aurons-nous la chance de profiter des branchements de la SONEB, Si oui à quel prix ?

La dernière partie de la question pose le problème de gouvernance. Mais je demanderais à l’intéressé de se rapprocher des services de la SONEB pour avoir satisfaction. Quant au branchement, je voudrais rassurer que la promotion est en cours sur toute l’étendue du territoire national. Que ceux qui veulent se rapprochent de nos agences.

Pourquoi payer plus de 700 mille pour une extension à moins de 150 mètre de la voie principale.

Vous avez raison. Lorsque l’abonné n’a pas la chance d’avoir le réseau à sa porte, la SONEB rentre dans un partenariat de préfinancement avec ce dernier même si l’extension ne doit pas être à sa charge. Si l’abonné n’a pas les moyens, il pourra attendre un projet d’extension qui prendra en compte sa zone. Il faut préciser que les installations préfinancées restent la propriété de l’abonné pendant 5 ans. Tout autre abonné qui sera branché sur cette ligne par la SONEB, payera certaines taxes pour pouvoir rembourser le premier abonné. Mais avec les réformes actuelles, le coût est revu à la baisse.

Pourquoi la personne qui gère la page Facebook de la société ne répond pas aux préoccupations des abonnés lorsqu'elle publie une information ?

Quand on a déjà un compteur d'eau dans une maison, combien de branchements peut-on avoir ? A combien il pourrait s'élever dans une zone comme Sainte-Rita ?

Votre question prouve que vous visitez notre page internet. Nous vous en remercions. Je vous rassure que toutes les réactions sur nos différents canaux font l’objet d’une attention particulière pour son traitement.

Chaque maison peut bénéficier d’autant de compteurs que les occupants voudront. Seulement les branchements subventionnés sont limités à 2 au plus. Ce que je vous conseille c’est de bien vouloir vous rapprocher de nos agences pour vos préoccupations.

Pour quelle raison plusieurs documents mis en ligne sur votre site internet sont inaccessibles ? (voir 1- menu "La SONEB" => "statuts et décret" 2- menu "info eau" => "lois et décrets" Je voudrais savoir aussi pourquoi vous ne répondez jamais aux questions qu'on vous adresse à partir du menu "nous contacter" sur votre site internet ?

Quelle est le cadre de collaboration entre la SONEB et les communes ?

La gestion de la SONEB en mode de délégation ne sera-t-elle pas plus efficace comme c'est en cours à la SBEE ?

Les documents sont bel et bien téléchargés. J’ai fait l’expérience avant de venir sur l’émission ASKGOUV. Votre problème peut être dû à la qualité de votre connexion du moment.

Les maires sont en étroite collaboration avec la SONEB. Ils font partie du Conseil d’Administration et actuellement c’est le maire Georges BADA d’Abomey-Calavi qui représente les communes.

Il y a une réforme en cours à la SONEB. Récemment, le gouvernement a fait l’option d’un mandat de gestion. Donc nous sommes sur le même chemin que la SBEE.

Pourquoi la SONEB saute certaines ruelles lors de la mise en place du système d'alimentation d'eau dans un quartier loti et dont les voies sont totalement dégagées.

Les extensions sont faites selon les priorités et les degrés de raccordement à l’instar des boulevards, routes ruelles… C’est ce qui explique ce que vous constatez en pensant que la SONEB saute des rues.

À quand la fin de pénurie d'eau à Nikki où il faut parcourir des kilomètres pour s'en procurer d'eau ce phénomène qui dure depuis des années ? Les robinets à partir du mois de février ne donnent plus aucune goutte plus d'eau.

La fin de ce calvaire est pour bientôt car le projet qui regroupe Bembèrèkè-Nikki-Banikoara est en cours de finalisation. La phase active est prévue pour 2020.

Bonsoir monsieur le Directeur. Une seule question pour vous. Pourquoi les frais d'entretien de compteur sont assujettis à la TVA ? Alors que la TVA commence pour celui qui a utilisé plus de 5m³ d'eau.

Les frais d’entretien sont des frais de prestation qui doivent être frappés par la TVA.

En ce qui concerne la gestion des eaux usées, la SONEB dispose des stations de traitement en construction dans la zone de Ekpè sur financement de la Banque mondiale portées par le ministère du cadre de vie, une autre financée par les Allemands et portée par la SONEB. L’idée est de doter le Grand Nokoué d’un système de traitement des eaux usées dans les tout prochains mois.